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jeudi 23 juin 2022

Norvège 2 ( De Åkrestrømmen à Trondheim)

Åkrestrømmen, est un petit village à la norvégienne : pas de maisons groupées autour d'une église comme chez nous.  Elles sont réparties sur plusieurs km tout autour d'un petit kiwi (cf épisode 1).  Très peu d'animation  donc et on ne croise pas grand monde (faut dire que la Norvège, c'est 5M d'habitants pour 385 000 km2).  

T monte en puissance au fur et à mesure des étapes (même s'il s'agace d'un petit bruit de dérailleur qu'il fera régler chez un vélociste) et nous prenons de l'avance sur l'estimation d'arrivée à Trondheim. 

A Tynset, nous campons dans un "frizbeedrome" sorte de parcours de golf,  mais où il faut mettre le frizbee dans une cible. Ça sent la recherche d'occupation tout ça. Par une pluie qui ferait rentrer tout humain normalement constitué bien au chaud,  les petits norvégiens eux, jouent tranquillement dehors, trempés jusqu'aux os. 
 A Røros, le temps se gâte encore. Nous terminons l'étape sous la pluie battante par 8°.  La météo annonce de la pluie mêlée de neige pour la nuit. 
 A 1h30 du matin, ça se dégage, mais il gèle.


Røros, la ville la plus froide de Norvège où selon les autorités compétentes (Merci Éric) il peut faire -40°.

Petit coucou à la France qui suffoqu(ait) sous la canicule.


Remarquez que les arbres poussent facilement ici.

Les deux derniers jours de cette première étape sont plus faciles.  On se laisse descendre vers la mer en deux longues étapes.


Après une petite pause entre Flakk et Klett (près de Rye), on se plante dans le camping à côté du départ du ferry pour rallier l'île en face de Trondheim.

On a clairement rejoint le parcours principal vers le cap nord : Pas moins de  10 cyclo dans le camping, dont des français qui passent leur journées à faire la sieste dans le ferry (gratuit, avec bar, wifi et vue sur mer) en attendant le train pour Bodø.

Le lendemain est consacré à la visite de Trondheim


Sa cathédrale, but du pilegrimsveien que nous croisons depuis notre départ.

Ses quais. On comprend pourquoi les maisons sont colorées.

Son ascenseur à vélo

 Cet ascenseur est unique au monde.  Et vous allez comprendre pourquoi.  Il s'agit d'un câble muni de pédales rétractables.  On met le pied droit sur un piston, le gauche sur la pédale gauche.  Au moment où la pédale passe, un piston vous propulse à sa vitesse.  Après s'y être repris à plusieurs reprises, je finis par tenir à peu près dessus, mais la chose est très inconfortable.  

T se lance à son tour et se fait éjecter méchamment de l'engin. Lourde chute et grosse douleur à l'ischio droit.  Passage par les urgences : a priori pas de déchirure mais un claquage.  Après un retour laborieux au camping en bus, repos forcé en hytte (petites cabanes très confortables) au moins quelques jours en espérant pouvoir ensuite repartir tranquillement.


Je profite de ce repos pour retourner à Trondheim

Et voir Éric, de passage, qui me fait une visite guidée personnelle de la ville

Notre Hytte ( le Y se prononce en principe entre  I et U.  Essayez...  ah vous voyez ? : c'est impossible)

Et le temps s'améliore !








jeudi 16 juin 2022

Norvège 1 Frilustliv (d'Oslo à Åkrestrømmen)

Frilustliv, un concept typiquement norvégien qui veut dire la vie au grand air.  Nous allons pouvoir le tester en vrai durant ce nouveau périple dans ce grand pays qu'est la Norvège.  L'objectif serait (soyons prudents) d'atteindre le fameux cap nord, la terre la plus au nord du continent européen, en deux mois de vélo.  Objectif raisonnable en principe, mais ne sous-estimons pas le climat rugueux du pays, ou il n'est pas rare de voir de la neige en juillet. 

Une fois n'est pas coutume, ce sera un récit à deux voix,  puisque mon compère Thierry souhaite également partager ses impressions.  Une tribune libre (je prends quelques risques, m'enfin....) que je partage en fin de post. 

Veille du départ, la voiture est prête. 

Les bonshommes aussi. 

Remontage un peu fastidieux en sortie de l'aéroport d'Oslo

Première croyance sur le climat confirmées en arrivant sur le tarmac de l'aéroport d'Oslo sous la pluie et un petit 17°. 

Deuxième croyance sur le coût de la vie aussi : 12€ pour un malheureux sandwich et une barre.  Et tant qu'on y est, enfonçons le clou, la troisième sur la rigueur norvégienne aussi.  Je m'étais égaré dans la réserve de notre premier kiwi (sorte de lidl local). L'employé m'a engueulé en terminant par : "c'est bon pour cette fois, mais... Ne recommencez pas !". OK ok, va falloir être carré. 
On peut se baigner.... On pourrait se baigner... mais non en fait 

Morskogen 


On a aimé Morskogen 

Au deuxième jour, nous suivons le pilgrimsvegen, chemin de pèlerinage entre Oslo et Trondheim qui serpente dans les collines parsemées de fermes rouges et blanches. Les voitures se font plus rares et, ce n'est pas une légende, mais un norvégiens est capable de rester plusieurs minutes derrière un vélo sans dépasser (et même sans claxonner !) 


 Après Brumunddal, nous attaquons les pistes pour voir les plateaux en espérant apercevoir Élans et bœufs musqués. 
Bon, on a  surtout vu des moutons, très affectueux. Le " soir" d'ailleurs on a compris l'expression compter les moutons avant de s'endormir (Ils nous ont bouffés les orteils)

Les moutons de Norvège ne dorment apparemment pas.  Mais il faut dire qu'il ne fait jamais nuit en cette saison. 

Bon parfois un peu trop collants 

Et au deuxième jour d'ascension nous débouchons sur un magnifique plateau 

 Ce matin retour à la vallée.  Une nuit et une journée de pluie. Ça calme un peu les ardeurs. 
 Nous sommes à mi chemin de trondheim. prochain post dans quelques jours 

Thierry B


Seulement 5 jours sur les 60 prévus et déjà le changement s'opère. Le stress du quotidien s'evacue peu à peu et l'esprit s'apaise. Le corps prend le relai et s'impose : quand est-ce que l'on mange ? quand est-ce que l'on se repose ? pourquoi tu mets un caleçon sous ton cuissard alors que ça me comprime ?
Côté couple, avec Thierry que je nommerai Vico pour le confort du lecteur, tout se passe bien ... il ne ronfle pas, il est très pro, très organisé et toujours enthousiaste.
En 5 jours et environ 260 km, nous avons déjà eu un petit aperçu des somptueux paysages de Norvège et des nombreuses alternances pluie-soleil. En ce qui concerne la nuit, on ne l'a toujours pas aperçu... c'est le mois de la marmotte 😀.
Aujourd'hui, c'est l'étape de repos (20 km), le camping avec du réseau et du Wi-Fi : on n'échappe pas au monde connecté !du réseau et du Wii 

dimanche 7 novembre 2021

Quercy-Cantal

Le Quercy est un endroit quelque peu mystérieux.  D'abord qui sait localiser ce petit coin tranquille de France ?  Causses découpées de longues vallées ou coulent de petites rivières fraîches (où reposent de jeunes soldats, bouche ouverte, tête nue, et la nuque baignant dans le frais cresson bleu), surplombées de quelques villages moyenâgeux et endormis (mis à part dans le bar à Féfé à Saint-Antonin-Noble-Val où il y a de l'ambiance (Salut Féfé!)). Commanderies croisées millénaires.  On serait à peine surpris de tomber sur un cavalier en armure, en route pour une quelconque croisade.   Un astronome un peu enthousiaste y a même un jour découvert, en examinant une photo satellite, un triangle noir, exempt de tout éclairage public (avant de se rendre compte que c'était une tâche de café). Je dis à Queque, : C'est ça que je veux cette année : faire une cure de désélectrosensibilisation, de défaceboukisation, de  décovidisation. Et il était bien d'accord avec moi. Alors on est partis.

 

Enfin, partis oui, mais arrivés, pas tout de suite.  Pas question de prendre un TGV Grenoble-Toulouse en mettant son vélo dans le compartiment prévu à cet effet.  Cette possibilité est plus infime encore que la chance que Trump sorte une phrase intelligente, c'est dire.  Non, il faut d'abord passer par le site de la Deutsche Bahn, le seul capable de te trouver un itinéraire, mais constitué tout de même de 5 TER.  Donc 4 changements de voies, par des escaliers étroits (sinon c'est pas marrant).  Ensuite il faut faire la course avec tes petits copains cyclo pour trouver une place dans le train .  Enfin, il faut faire la conversation à un ex cheminot/ ex batteur de Goldman / ex producteur de disque.  C'est très long. 

 

Petit déjeuner à la gare de Valence 

 Avant de quitter Toulouseu Matabiau, on se pose quand même un moment dans un bar pour rencontrer un collègue bien sympa  (Salut Florian!!).  L'après midi se passe tranquillou, à sortir de l'influence de Toulouse en longeant le canal.

Enfin au calme

Remarquez l'harmonie de cette photo buco(alco)lique.

Ambiance plus humide le lendemain. Dès le matin il se met à flotter.
 

 
Ce qui n'empêche pas  CapMan de braver les éléments

 A 15h on rend les armes, trempés (enfin surtout Capman) en bifurquant vers Saint-Antoine-Noble-Val.  On est reçus royalement chez Féfé, par Féfé (salut Féfé!) qui nous prépare malgré l'heure tardive un repas pain-fromage-saucisson et nous sert quelques bonnes bières.  On va y rester jusque vers 20h, à papoter. 

Pause carnet sur le Causse de Limogne, pendant que Ernique pionce.  Climat plus serein que la veille. 




 
Sain-Cirq-Lapopie, plus beau village de France.  Trop beau pour ma part.    Trop bien restauré, trop de bar chicos, trop de petites ruelles bordées d'échoppes qui vendent des tasses, des ceintures, des porte-clés....  Trop. Ça fini par manquer d'authenticité tout ça.  Moi j'aime mieux le bar à Féfé (Salut Féfé!!).   



Dans l'après midi, on s'enfonce dans les gorges du Célé.  On se planque en fin de journée au fond d'un parking (car le couvre-feu covidesque est toujours actif).  Au petit matin, j'avise un type louche tourner autour de la tente, avec sur l'épaule... un scooter des mers!    Méfiant, je lui demande de décliner la raison de sa présence ici, vu qu'à ma connaissance, il n'y a pas d'épave de cuirassé à moins de 300 km.  Quoi! me dit-il mais vous ne SAVEZ PAS!? vous êtes ici dans LE lieu le plus connu AU MONDE! pour la plongée spéléo! : La résurgence du RESSEL. C'est un réseau de galeries sous-marines de plusieurs km, avec des puits de 50 m.  Le gars, du coin, vient ici, comme on promène son chien le dimanche matin à la fraiche, faire une petite plongée matinale avant l'arrivée "des autres".  Et oui car le temps de démonter la tente, les autres sont déjà arrivés  : On est cernés de pingouins empalmés et polyglottes.  Et c'est le défilé de scooter à nos pieds pour rejoindre la résurgence située 100m plus loin.  Je gage qu'il va y avoir embouteillage à l'entrée. 

 
Nous sommes abonnés aux bivouacs au bord de rivières. Humides.
 
Après Saint-Maurs, on rejoint les gorges des la Rance sur l'itinéraire V74, superbe, qui rejoint Aurillac où nous ne faisons pas de vieux os.  
Nous attaquons dans l'après midi, la montés vers le puy Mary. Mais zut, il se met à nouveau à pleuvoir.  On se trouve le porche d'une petite église vers Sain-Cirgues de Jordanne pour s'abriter temporairement et finalement pour la nuit.  Au matin, J'ai un pressentiment que cette église n'est peut être pas toujours fermée.  Je nous fais ranger nos chaussettes qui pendent sur le présentoir, le réchaud et la vaisselles sale et la poubelle (propre par contre, car Enrique veille à la garder toujours propre) et quelques minutes plus tard se pointe une retraitée, la mine sévère et contrite venant  faire sa prière matinale en nous jetant des regards en coins.  Ouf, on a failli se faire excommunier.


Montée expresse du puy mary, le plus grand strato-volcan d'Europe (oui monsieur), vu qu'Enrique est en forme et me talonne le bougre.



Top

 
 
 Lors d'une pause "Pounty" (un nouveau goût de paradis) à Cheylade sur la descente du puy Mary.    C'est bon la pounti, et moins calorique que la barre.

Il nous reste 4 jours et on a bien avancé.  On décide de se faire une petite boucle sur le plateau du Limon, sur les contreforts du puy mary.   Un petit bout de mongolie à visiter absolument si vous passez dans le coin.

Sieste à l'abri du soleil 
Et bivouac dans la foulée
Contraints de faire une détour de 40 km vers Bort-les-Orgues, seule ville du coin ayant un marchand de vélo, pour remplacer une pédale défectueuse, nous en profitons pour traverser le plateau Artense dans sa plus grande longueur.  Ce coin m'est cher pour les fabuleux musiciens trad qu'il abrite, dont Basile Brémaud et Hervé Capel.  A écouter ici aux funanbals en 2017.

Au terme d'une longue journée chaude.  Une douche serait la bienvenue au bout de 8 jours (tous les campings sont fermés)
 
 
Le puy Sancy vu de sauve en montagne. 

Enfin un camping à la ferme.  On est seuls.

La chaine du puy est en vue, on se rapproche de Clermont.

Partis tôt pour espérer rejoindre Clemont dans l'après midi pour prendre le train pour Grenoble. Mauvaise appréciation des difficultés.  On se retrouve sur du circuit de VTT.  Les mecs nous ont pris pour des fous quand ils nous ont vus débouler à fond avec nos vélos de 40 kg. En remontant, c'aurait été autre chose.  On raccourci donc le parcours en se laissant glisser par la nationale jusqu'à la gare, juste à temps pour attraper notre train.  Fin d'un très beau parcours et trop heureux de cette liberté après cette année de confinement!  A l'année prochaine les amis pour : la Norvège si tout va bien.